Des élus contre le « vélodrome » (20 novembre 2009)

Le vélodrome n’est pas une priorité

Le Conseil d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines a voté la signature avec un consortium du groupe Bouyghes d’un contrat de partenariat public privé pour la réalisation du vélodrome olympique.

Différents élus, essentiellement de Trappes et la Verrière, dont les maires de ces deux communes, ont voté contre cette délibération.

Au delà de ces délégués à la CASQY, nous exprimons notre opposition à un projet, qui, bien qu’ayant été voté, l’a été dans des conditions qui pourraient conduire à ce que doive être prise une nouvelle délibération.

Un processus de décision opaque et expéditif

Avant même le vote au Conseil Communautaire intervenu le 22 octobre, le président de l’Agglomération présentait le projet le 19 octobre en présence de la secrétaire d’État Rama Yade, sans que les élus n’aient été ni invités ni informés.

Le jour du vote, ils n’ont eu le droit pour se prononcer qu’à des informations éparses et incomplètes, ne leur permettant pas d’avoir une idée précise des enjeux et des risques financiers pris par la CASQY.

Les risques pour le partenaire public, les profits pour le partenaire privé !

Cet équipement coûtera cher à l’Agglomération. Elle paiera, en effet, un loyer de plus de 4,1 millions d’euros par an pendant 27 ans, auquel s’ajoute le reversement de 54 millions de subventions et des investissements complémentaires à hauteur de 30 millions pour permettre la réalisation du vélodrome.

Pendant cette même durée, pour toutes recettes, le groupement VELOPOLIS, initié par Bouygues, ne reversera que des participations estimées à 1,6 millions d’euros, aucunement garanties.

Comme le rappelaient des parlementaires de gauche en juillet 2008 lors du vote de la loi réformant ces procédures de partenariat public privé, les risques sont pour le secteur public et les profits pour l’entreprise privée.

Car dans le même temps, la CASQY permet à Bouygues de réaliser une vaste opération immobilière très profitable de 35 000 m2 au minimum, une autre tranche devant suivre.

Nous avons une autre conception du développement de notre agglomération

Cette opération d’aménagement comprenant le vélodrome et ces constructions ne correspond en rien à une conception durable et solidaire du développement de notre territoire, et ne répond à aucun des besoins prioritaires de ses habitants.

En définitive, il s’agit de réaliser un équipement de prestige à vocation nationale qui avait son sens avec le projet Paris olympique 2012, mais qui a perdu cet intérêt aujourd’hui dans un contexte de crise financière et économique et de réduction des ressources de l’Agglomération, la seule à s’engager financièrement. Ce n’est ni la cas de l’Etat, qui aurait du avoir la responsabilité de porter un équipement de ce niveau, ni de la Région ni du Département.

Seul l’accueil d’activités commerciales et de services destinés aux entreprises, ainsi que de grandes manifestations de l’industrie culturelle au détriment des pratiques locales apportera quelques recettes. L’aménagement du quartier n’a pas été défini par l’Agglomération et nous ne savons rien du programme de logements et d’activité qui sera réalisé par Bouygues.

En ce moment difficile pour l’Agglomération, pour les villes et pour les habitants de notre territoire, d’autres choix doivent être faits.

On nous affirme que l’enjeu est l’attractivité économique. Ce qui est attractif pour les entreprises c’est surtout la possibilité pour leurs salariés de bénéficier de quartiers bien aménagés, accessibles et bien équipés pour pouvoir s’y loger.

Nos investissements doivent être recentrés pour répondre prioritairement et d’urgence aux besoins sociaux des Saint-Quentinois, améliorer l’équipement existant et financer de nouveaux quartiers réellement durables et solidaires.

One thought on “Des élus contre le « vélodrome » (20 novembre 2009)

  1. Si ça peut vous encourager, nous avons eu, à Nîmes, le même genre d’expérience avec le Conseil d’Agglomération qui s’était mis en tête de faire passer un TCSP (Transport en Commun en Site Propre) autour du centre ville et qui voulait au passage détruire une centaine d’arbres pour certains plusieurs fois centenaires. Ce « trambus » (appellation de la mairie et de l’agglo, toutes deux dirigées par le maire de Nîmes) n’est en réalité qu’un énorme bus qui fonctionne au gazole, mais qui est comme votre complexe immobilier « haute qualité environnementale ». Après de multiples référés en urgence au Tribunal Administratif nous avons réussi à arrêter le tronçonnage des arbres et mettre fin (provisoirement pour le moment) à la construction de ce TCSP. Si vous le souhaitez, vous pouvez avoir plus d’informations sur ces actions sur le site de l’association A.R.B.R.E.S. à Nîmes (site internet http://www.gardiensdelombre.com/)

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